27 novembre 2010 Publié dans Penser la musique ?
Episode 4 - Musique et sacré
Il faut attendre le De Musica (389 ap. J.-C.) de saint Augustin pour que philosophie et musique entrent dans des rapports nouveaux. La musique devient l’émanation d’une musique de l’âme, intérieure et silencieuse. Ce qui intéresse Augustin, à la différence de Platon, c’est le recueillement de l’âme sur elle-même qui pousse l’auditeur à une écoute active ; laquelle n’a rien à voir avec la dépossession de soi vécue dans la transe. Le rythme qui se déploie dans la durée parle à la mémoire et favorise un retour sur soi, un rassemblement des sensations dans le présent qui éclaire l’âme loin de l’obscurcir.
Pour Augustin, c’est donc l’âme et non le corps qui écoute la musique. L’harmonie reconstruite par l’oreille attentive conduit à un acte de pure méditation ; la musique aide au ravissement mystique. La voix qui appelle a plus de force que l’image qui peut tromper. Grâce à l’harmonie musicale, ce n’est pas la vérité mathématique universelle qui prend corps tout à coup, mais bien la voix intérieure de l’esprit à l’écoute de lui-même.
Proposé par Cécilie Munk Koefoed







